Superstition

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Il est 5h30. Je rejoins la cuisine à pas de loup pour ne pas réveiller la maison encore endormie. C’est l’heure de la dose caféine-glucose à l’approche de cette sortie pêche consacrée au brochet. Un bouchon usagé resté sur le bar squatte la place réservée de mon mug de café. Bien décidé à ne pas changer mon rituel matinal pour ce morceau de plastique, je le saisis de la main gauche et le jette machinalement dans la poubelle du tri sélectif située à un bon 3 mètres de distance. Un bruit inhabituel m’invite à tourner la tête pour voir ou ce dernier a fini sa chute. Il est bien dans la poubelle mais dans le seul pot de yaourt présent! Forcément à ce moment là, j’y vois un signe, une superstition…”Ce matin, ça va pogner”. C’est donc avec un petit air de “Supersitition” de Stevie Wonder en tête et un petit sourire non dissimulé que je rejoins la gravière sur laquelle mon choix s’est porté. Ça fait déjà plusieurs semaines que les cannes à brochets prennent du bon temps au garage. Les chaleurs et la faible quantité de touches des sorties consacrées au brochet, du début du mois de juillet, ont eues raison de ma motivation mais les nouveautés Biwaa arrivées sous forme de prototypes à la maison, rendent impossible une attente plus importante.

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Le float est mis à l’eau et l’excitation de pouvoir commencer à peigner se mêle à l’apaisement et la quiétude qu’inspirent un tel endroit. Les perches sont déjà à table, trahies par les courses façon 110 mètres haies des gardons bien décidés à revenir avec l’or. Une partie de la gravière présente une saulaie assez bien développée dans un peu moins d’un mètre d’eau avant qu’une cassure nette n’empêche une colonisation plus importante du milieu. Les vifs sont là et en quantité.

J’attaque avec un twinpike blanc 6 pouces monté en texan. Je prends un premier décalage franc de la bannière sanctionné par un ferrage dans le vide. A la vue des nombreux gardons présents en surface, je change rapidement pour un submission en 4 pouces coloris ivory et prends dans la demi heure qui suit trois touches violentes que je ne réussis pas à concrétiser…Je commence à repenser à ce fichu bouchon du matin avec des conclusions bien différentes.

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Je ne peux raisonnablement pas opter pour autre chose vu les bancs de Myriophylles qu’ont choisi les brochets pour placer leurs attaques mais ce zéro sur trois me dépite. Il faut que je change de leurre et je n’ai pas d’autre choix que de me décaler de la cassure pour prospecter la pleine eau aux abords des chasses et ainsi laisser de côté les myriophylles et potamots.  Les gestes deviennent automatiques et répétitifs. Je ne suis plus dedans et l’activité semble s’être bien calmée.

En regardant dans ma boîte je tombe sur un prototype du Divinatör Kompact, le petit dernier qui vient agrandir la famille des divinatörs.

Divinator Kompact

C’est le 115 mm que je positionne sur l’agraphe. Ce Kompact présente une fixation dorsale, une silhouette de lipless et une palette colorado. Le leurre évolue dans l’eau tête baissée avec une légère vibration latérale nettement visible en regardant la tête et le pédoncule caudale. Les vibrations engendrées sont donc bien différentes du Divinatör. Il se lance bien et ne tire pas trop dans la canne. Je commence par du cranking classique. Après avoir pris contact avec le fond, je ramène tranquillement en veillant à ce que la vitesse de récupération ne varie pas. A quelques mètres du float, je prends un stop net qui ne me laisse aucun doute. Ce coup ci c’est coffré. Premier passage devant l’épuisette, ça rentre. Le poisson n’est pas monstrueux (85 cm) mais la satisfaction de le prendre avec ce nouveau Kompact estBrochet au Divinator Kompact là.

Je ne demandais pas mieux pour cette sorte de reprise. Il commence à faire très chaud. L’eau de surface est à presque 22 degrés. Je commence à me coretyouchenvaincre que la fenêtre d’activité est  derrière moi et commence surtout à souffrir de la chaleur !

 

 

De retour sur la zone, les brochetons de l’année se manifestent et escortent régulièrement le Kompact jusqu’au float. Certains avec plus d’envie que d’autres, mais je ne réussis pas à déclencher l’attaque d’un autre poisson correct.

pins retoucheUne sortie contrastée ou se mêle l’impression d’être passé un peu à côté et la satisfaction d’avoir pris un poisson correct avec le Kompact. Il me tarde de l’essayer sur d’autres milieux et dans d’autres conditions. Vivement l’automne.